Articles tagués bosniaques

Svabo


Il lui arrive encore de se réveiller la nuit, le sommeil secoué par des scènes de guerre. Svabo a sa théorie sur le sujet.

« A la guerre, on prend l’habitude d’être tout le temps alerte. Il peut se passer n’importe quoi, n’importe quand. On est tout le temps shooté à l’adrénaline. Je crois que mon corps s’est habitué à ça, et que c’est devenu… comment dire… comme une dépendance. J’ai quand même vécu presque quatre ans comme ça. »

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Advia, ou le retour raté

Quand elle donne son âge – 30 ans -, Advia s’excuse, d’un sourire désolé, presque gêné.

« J’ai vu trop de choses, j’ai vieilli trop vite. »

Advia habite avec son mari, ses deux enfants de 10 et 5 ans et ses deux vaches sur les flancs d’une colline, dans les alentours de Tuzla. Installée là depuis deux ans, elle se sent enfin chez elle. Lire la suite »

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Le bus

Il y a une photo dont je me souvenais lorsque je suis partie à Sarajevo. Celle d’une femme et d’enfants dans un bus fixant le photographe resté sur la chaussée. Ils étaient contraints de partir. Dans cette image il y a de la tristesse, de l’incompréhension, de la douceur aussi.
Je viens d’atterrir à Sarajevo où je n’ai jamais mis les pieds. Calée dans un taxi qui me mène de l’aéroport au centre ville, je découvre un pays dont j’ai somme toute peu d’images en tête. J’avance dans ce qu’on a longtemps appelé l’allée des snipers. Une large route rectiligne à double sens séparée par une voie de tramways. On y roule vite négligeant les clignotants. Dix-huit ans plus tôt cette route marquait une séparation entre les Serbes et les Bosniaques. C’était le début de la guerre avec le siège de Sarajevo mené côté bosniaque par le général Jovan Divjiak et côté serbe par le général Stanislav Galic. Aujourd’hui, peu de traces ; quelques bâtiments ont conservé les impacts de bombardements et de tirs mais les affiches publicitaires ou électorales donnent un nouveau visage à cet axe qui mène au cœur de la vieille ville. Et pourtant Sarajevo ne ressemble plus à ce qu’elle fut. Les Serbes vivent désormais dans des quartiers périphériques comme Lukavica et le mélange de population autrefois apprécié ne semble plus possible. On le déplore tout en se cantonnant à l’impossibilité de vivre ensemble, de vivre avec celui qui fut l’ennemi.
Je fais des photos de la fenêtre du taxi. Ce n’est pas un bus qui se range à côté de nous mais un gros véhicule dans lequel une femme regarde droit devant, le regard dur, triste et absent.

Texte : Zabou Carrière – 4 décembre 2010

Photo : Zabou Carrière – « Le bus », Sarajevo, 21 septembre 2010

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Milan de Prijedor


« Chez qui vous irez à Trnopolje ? Chez des Serbes, des Croates ou des Musulmans ? »

La question est spontanée. Quand Milan apprend que nous reviendrons la semaine prochaine à Prijedor, ou dans le village de Trnopolje plus précisément, c’est la première chose qu’il veut savoir. Lire la suite »

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La chemise de Namir

« Elle est où, la chemise? »

Svabo finit par la trouver.

Une chemise d’enfant, bleue, taille trois ans. Percée par une balle, maculée de sang. L’enfant qui la portait s’appelait Namir Redzic. Lire la suite »

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Alma et sa cigarette

Au mémorial de Potocari, Alma flanche. Elle s’assoit sur un banc et allume une cigarette.

En face, des rangées et des rangées de pierres tombales blanches. Huit mille en tout. Au milieu, une fontaine, entourée de plaques de marbres avec des noms, des noms, des noms… Tous disparus dans le massacre de Srebrenica ou en tentant de fuir la ville assiégée à travers la forêt, l’été 1995.

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Mémorial de Srebrenica-Potocari, Bosnie-Herzégovine

La route est droite. Au milieu de la plaine, se trouve le mémorial de Srebrenica-Potocari. De grandes grilles coulissantes ouvrent sur plus de 8000 tombes des victimes bosniaques du génocide de Srebrenica perpétré en juillet 1995 par l’armée de la République serbe de Bosnie.

Je me demande ce que je vais ressentir en y entrant. Chaque jour depuis mon arrivée en Bosnie, je rencontre des gens qui ont perdu un mari, un fils, des fils, un cousin, des cousins, un oncle, des oncles, un voisin, des voisins… Lire la suite »

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