Archives de novembre 2010

Svabo


Il lui arrive encore de se réveiller la nuit, le sommeil secoué par des scènes de guerre. Svabo a sa théorie sur le sujet.

« A la guerre, on prend l’habitude d’être tout le temps alerte. Il peut se passer n’importe quoi, n’importe quand. On est tout le temps shooté à l’adrénaline. Je crois que mon corps s’est habitué à ça, et que c’est devenu… comment dire… comme une dépendance. J’ai quand même vécu presque quatre ans comme ça. »

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Le meeting


Tout est prêt. La sono, la scène, les affiches. Ce soir, sur la place principale de Prijedor, trois partis nationalistes serbes tiennent leur dernier meeting avant les élections qui auront lieu dans deux jours. Ils représentent l’opposition, la frange nationaliste la plus radicale.

Des jeunes distribuent des tracts aux passants. D’abord méfiants, ils finissent par expliquer ce qui unit ces trois mouvements politiques : la lutte pour « l’intégrité de la république serbe et la protection du peuple serbe ». Lire la suite »

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Le mariage de Prijedor


Prijedor, un vendredi midi ensoleillé. Devant la mairie, un attroupement, des caméras de télévision, un discours prononcé dans un micro et… dix couples de mariés. Les futurs époux en costard-cravate, les futures épouses en robe blanche, cheveux relevés en chignon et maquillage de circonstance.

Devant eux, le maire, Marko Pavic. Il s’apprête à célébrer le premier mariage collectif de Prijedor. Lire la suite »

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Advia, ou le retour raté

Quand elle donne son âge – 30 ans -, Advia s’excuse, d’un sourire désolé, presque gêné.

« J’ai vu trop de choses, j’ai vieilli trop vite. »

Advia habite avec son mari, ses deux enfants de 10 et 5 ans et ses deux vaches sur les flancs d’une colline, dans les alentours de Tuzla. Installée là depuis deux ans, elle se sent enfin chez elle. Lire la suite »

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La frontière


De premier abord, on ne la perçoit pas. Pourtant, elle est bel et bien là. La frontière invisible qui sépare le pays en deux entités: la fédération de Bosnie et Herzégovine et la république serbe de Bosnie, chacune avec son gouvernement, son parlement et ses lois. Lire la suite »

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Le bus

Il y a une photo dont je me souvenais lorsque je suis partie à Sarajevo. Celle d’une femme et d’enfants dans un bus fixant le photographe resté sur la chaussée. Ils étaient contraints de partir. Dans cette image il y a de la tristesse, de l’incompréhension, de la douceur aussi.
Je viens d’atterrir à Sarajevo où je n’ai jamais mis les pieds. Calée dans un taxi qui me mène de l’aéroport au centre ville, je découvre un pays dont j’ai somme toute peu d’images en tête. J’avance dans ce qu’on a longtemps appelé l’allée des snipers. Une large route rectiligne à double sens séparée par une voie de tramways. On y roule vite négligeant les clignotants. Dix-huit ans plus tôt cette route marquait une séparation entre les Serbes et les Bosniaques. C’était le début de la guerre avec le siège de Sarajevo mené côté bosniaque par le général Jovan Divjiak et côté serbe par le général Stanislav Galic. Aujourd’hui, peu de traces ; quelques bâtiments ont conservé les impacts de bombardements et de tirs mais les affiches publicitaires ou électorales donnent un nouveau visage à cet axe qui mène au cœur de la vieille ville. Et pourtant Sarajevo ne ressemble plus à ce qu’elle fut. Les Serbes vivent désormais dans des quartiers périphériques comme Lukavica et le mélange de population autrefois apprécié ne semble plus possible. On le déplore tout en se cantonnant à l’impossibilité de vivre ensemble, de vivre avec celui qui fut l’ennemi.
Je fais des photos de la fenêtre du taxi. Ce n’est pas un bus qui se range à côté de nous mais un gros véhicule dans lequel une femme regarde droit devant, le regard dur, triste et absent.

Texte : Zabou Carrière – 4 décembre 2010

Photo : Zabou Carrière – « Le bus », Sarajevo, 21 septembre 2010

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Les filles de Gornji Garevci


En voyant ces deux adolescentes, j’ai tout de suite pensé aux Brown sisters photographiées par Nicholas Nixon.

L’une veut travailler « dans le maquillage », l’autre veut être reporter. Elles vivent dans un village de réfugiés serbes dans la région de Prijedor.

Texte : Zabou Carrière, 11 novembre 2010

Photo : Zabou Carrière – Les filles Nixon, 1er octobre 2010

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